08 septembre 2007
La nouvelle à chute.
La nouvelle à chute est une nouvelle dont la fin est surprenante pour le lecteur. On l'étudie habituellement en classe de 4ème, mais on peut également la savourer quand on est grand... Rien que pour vous, je vous laisse découvrir mes préférées. La fin est à mettre en surbrillance, bonne lecture à vous ! :-D
Lucien était douillettement recroquevillé sur lui-même. C'était là une position qu'il lui plaisait de prendre. Il ne s'était jamais senti aussi heureux de vivre, aussi détendu. Tout son corps était au repos et lui semblait léger. Léger comme une plume, comme un soupir. Comme une inexistence. C'était comme s'il flottait dans l'air ou peut-être dans l'eau. Il n'avait absorbé aucune drogue, usé d'aucun artifice pour accéder à cette plénitude des sens. Lucien était bien dans sa peau. Il était heureux de vivre. Sans doute était-ce un bonheur un peu égoïste.
Une nuit, le malheureux fut réveillé par des douleurs épouvantables. Il se sentit comme serré dans un étau, écrasé par le poids de quelque fatalité. Quel était donc ce mal qui lui fondait dessus ! Et pourquoi sur lui plutôt que sur un autre ? Quelle punition lui était là infligée ? C'était comme si on l'écartelait, comme si on brisait ses muscles à coups de bâton. « Je vais mourir », se dit-il.
La douleur était telle qu'il ferma les yeux et s'y abandonna. Il était incapable de résister à ce flot qui le submergeait, à ce courant qui l'entraînait loin de ses rivages familiers. Il n'avait plus la force de bouger. C'était comme si un carcan l'emprisonnait de la tête aux pieds. Il se sentait attiré vers un inconnu qui l'effrayait déjà. Il lui sembla entendre une musique abyssale. Sa résistance faiblissait.
Le néant l'attirait vers lui.
Un étrange sentiment de solitude l'envahit alors. Il était seul dans son épreuve, terriblement seul. Personne ne pouvait l'aider. C'était en solitaire qu'il lui fallait franchir le passage. Il ne pouvait en être autrement.
Ses tempes battaient, sa tête était traversée d'ondes douloureuses. Ses épaules s'enfonçaient dans son corps. « C'est la fin », se dit-il encore. Il lui était impossible de faire un geste.
Un moment, la douleur fut si forte qu'il crut perdre la raison et soudain ce fut comme un déchirement en lui. Un éclair l'aveugla. Non, pas un éclair, une intense et durable lumière plus exactement. Un feu embrasa ses poumons. Il poussa un cri strident. Tout en l'attrapant par les pieds, la sage-femme dit :
« C'est un garçon. »
Lucien était né.
Claude Bourgeyx, Les Petits outrages.
CAUCHEMAR EN GRIS
Il se réveilla avec une merveilleuse sensation de bien-être, savourant l'éclat et la douce chaleur du soleil, dans l'air printanier. Il s'était assoupi sans bouger sur le banc du jardin public, seule sa tête s'était penchée en avant ; son somme n'avait pas duré une demi-heure, il le savait, puisque l'ombre du doux soleil n'avait que peu avancé pendant son sommeil.
Le jardin resplendissait du vert du printemps, un vert plus doux que celui de l'été ; c'était une journée magnifique et il était jeune amoureux. Merveilleusement amoureux, amoureux à en avoir le vertige. Et heureux en amour : la veille, qui était un samedi, il s'était déclaré à Susan dans la soirée et elle avait dit oui. Plus ou moins oui. Pour être précis, elle ne lui avait pas dit oui, mais elle l'avait invité à venir, aujourd'hui dimanche, dans l'après-midi, faire la connaissance de ses parents ; elle avait dit : «J'espère que vous les aimerez et qu'eux vous aimeront... qu'ils vous aimeront autant que je vous aime.» Si ce n'était pas là l'équivalent d'un oui, qu'était-ce ? Cela avait été un amour en coup de foudre, pratiquement, raison pour laquelle il ne connaissait pas encore les parents de la jeune fille.
Adorable Susan aux doux cheveux sombres, à l'adorable nez tout petit, presque de carlin, aux tendres taches de rousseur à peine marquées, et aux grands yeux noirs si doux...
C'était la chose la plus merveilleuse qui lui fût jamais arrivée, la chose la plus merveilleuse qui pût jamais arriver à n'importe qui.
On en était enfin à ce «milieu d'après-midi» où Susan lui avait dit de venir. Il se leva de son banc et, un peu engourdi par sa sieste, il s'étira voluptueusement.
Puis il se mit en route vers la maison, à quelques centaines de mètres du jardin public où il s'était assis pour tuer le temps, vers la maison à la porte de laquelle il avait raccompagné Susan la veille au soir. Une petite promenade agréable sous le beau soleil, par ce beau jour de printemps.
Il monta les marches du perron, frappa à la porte. La porte s'ouvrit et, pendant une fraction de seconde il crut que c'était Susan elle-même qui lui ouvrait. Mais la jeune fille ressemblait seulement à Susan. Sa sour, sans doute, la veille elle lui avait en effet parlé d'une sour, son aînée d'un an seulement.
Il s'inclina et se présenta cérémonieusement et demanda à voir Susan. Il eut l'impression que la jeune fille le regardait d'un air bizarre, mais elle se contenta de lui dire : «Entrez, je vous prie, elle n'est pas là pour l'instant, mais si vous voulez bien attendre au salon, là... »
Il s'assit et attendit au salon, là. C'était bizarre qu'elle fût sortie. Même pour peu de temps.
C'est alors qu'il entendit la voix, la voix de la jeune fille qui lui avait ouvert la porte ; la jeune fille parlait dans l'entrée et, mû par une explicable curiosité, il se leva et alla coller son oreille contre la porte.
La jeune fille parlait, semblait-il, au téléphone.
- Harry ? Je t'en supplie, rentre immédiatement ! Et ramène le docteur ! Oui, c'est grand-père... Non, pas une nouvelle attaque cardiaque... Non, c'est comme la dernière fois où il a eu sa crise d'amnésie et où il a cru que grand-mère était encore... Non, ce n'est pas de la démence sénile, Harry, simplement de l'amnésie. Mais cette fois, c'est plus grave. Il a décroché de cinquante ans, cette fois... il est revenu à l'époque où il n'avait pas encore épousé grand-mère...
Très vieux soudain, vieilli de cinquante ans en cinquante secondes, grand-père se mit à sangloter sans bruit, appuyé contre la porte.
Frederic Brown, Fantômes et Farfafouilles.
Pour télécharger d'autres textes, allez sur ce site.
Basileus.
10 mars 2007
Un peu de cuisine antique...
Même si je déteste cuisiner, je sais également me forcer quand c'est pour mes élèves (qu'est-ce que je ne ferais pas pour eux... :-D) Puisque mes sixièmes faisaient des exposés sur "vivre à Rome du temps des romains" et qu'un groupe avait décidé de parler de nourriture, je me suis proposées de faire une dégustation aux élèves de desserts romains... (merci au dieu d'internet de m'avoir permis de trouver des recettes ! :-D)
Fruits au miel (simple) :
Ingrédients : 3 pommes, une grappe de raisin rose d'Afrique, des cerneaux de noix et de noix de pécan, du miel liquide, du jus de raisin (sinon, faites comme moi, mettez de l'eau.)
· Mélanger du jus de raisin pur avec quatre cuillères à soupe de miel.
· Faire chauffer à feu moyen jusqu'à ce que le miel soit dilué.
· Casser des noix (quantité à évaluer personnellement), éplucher les pommes et détacher un par un les grains de raisin, coupez-les en deux (un ajout de datte ou de figue est possible.)
· Mettre l'ensemble des fruits dans un saladier et versez le mélange réchauffé.
Les élèves ont adoré ! Il en redemandaient !
Merci à Cécile pour ce lien : >>><<<
Les dattes farcies (simple, 15-20 minutes de préparation.)
Ingrédients : 2 barquettes de dattes, des cerneaux de noix et de noix de pécan, des pignons de pin, de la pâte d'amandes, des baies rouges (poivre doux.), du sel, du miel.
Dénoyautez les dattes et fourrez-les de noix, de pignons de pin hâchés (variante : dans une poële, faites griller à sec les pignons de pin et fourrez vos dattes avec, sans les hâcher.), de pâte d'amandes ou encore de poivre (j'ai pris le poivre le plus doux possible.) Salez légèrement.
Ensuite, faites chauffer quelques cuillérées de miel. Lorsque celui-ci commence à caraméliser, mettez les dattes et retournez-les de manière qu'elles soient bien enrobées. Voila, c'est prêt !!!
Les élèves ont été très étonnés par les dattes au poivre... ^^'
Pendant les Saturnales (fêtes de fin d'année), on présentait les dattes avec une pièce de monnaie porte-chance.
Merci au site : >>><<<
Basileus.
14 janvier 2007
Théâtre et travestissement dans l'Angleterre élisabéthaine.
Comme vous devez vous en être rendu compte, je suis une boulimique de la culture dvd... J'ai eu mon époque manga, maintenant, je suis dvd-maniaque... ça arrive, je ne sais pas si on en guérit... Bref, si je viens papoter ici, c'est pour parler de l'une de mes dernières découvertes : Stage beauty avec Billy Crudup et Claire Danes.
Non pas que le film en lui-même soit transcendant... (il se laisse regarder, c'est une petite comédie sans prétention, agréable pour passer le temps... ^^), mais le thème m'a énormément intéressée. En effet, cette histoire se pique de nous faire redécouvrir une période très connue de l'Angleterre : la période élisabéthaine. Tout comme Shakespeare in love en 1998 nous le faisait découvrir, Stage Beauty nous rappelle que les conventions du théâtre élisabéthain imposait aux hommes de jouer tous les rôles, même ceux des femmes.
Edward Kynaston, la plus belle femme de l'époque.
C'est en tombant sur les mémoires d'un certain Samuel Pepys, célèbre fonctionnaire sous le règne de Charles II que le réalisateur de Stage Beauty, Richard Eyre, apprend l'existence d'Edward (dit Ned) Kynaston, l'un des plus grands acteurs de l'époque, dont Pepys disait qu'il était "la plus belle femme qu'il lui avait été donné de voir dans sa vie."
Les conventions élisabéthaines, par puritanisme (les actrices étant considérées comme des prostituées, les théâtres s'élevant très souvent à côté des bordels...) instituèrent cette règle : les rôles féminins devraient désormais revenir uniquement à de jeunes hommes. Mais peu à peu, le mouvement puritain se durcit jusqu'à la prise de pouvoir de Londres par le Parlement en 1642. Dès lors, la période sombre de l'Angleterre commence. C'est la première révolution anglaise.
Prohibition de la culture...
Commence ici le despotisme de Cromwell. Charles Ier dont la volonté avait été de poursuivre l'oeuvre de son père, Jacques Stuart, est jugé et condamné à mort en 1648. Il est décapité en place publique en 1649, devant le palais de White-Hall.
Cromwell proclame alors la République, ou le Commonwealth le 17 mai 1649, et alors que la démocratie devrait se mettre en place de par un contrebalancement nécéssaire entre son pouvoir et celui du Parlement, un despotisme se met en place, Cromwell ayant pour lui le vote du Parlement. Il disparait en 1658 des suites d'une malaria ou d'un empoisement. Plus personne ne sera capable de maintenir le pouvoir entre ses mains, c'est alors que Charles II, le fils de Charles Ier en profite pour revenir en Angleterre.
La Restauration.
Le film nous fait une caricature hilarante de Charles II, grace à la sublime interprétation de Rupert Everet. En effet, dans Stage Beauty, ce qui est le plus flagrant, concernant Charles II est son goût immodéré pour les chiens (sa race favorite sera nommée "King Charles") ainsi que pour les femmes (et pas n'importe lesquelles !) On voit ainsi sa relation extravagante avec Eleanor "Nell" Gwynne, une actrice (alors même qu'il était interdit aux femmes de jouer !)
La réouverture des théâtres en Angleterre est instituée en 1660. En effet, lors de son exil, Charles II a eu le temps de s'intéresser aux théâtres étrangers, notamment le théâtre français (tout particulièrement les pièces de Molière.) Mais bien que le théâtre ait été prohibé durant de nombreuses années, on se doute que les acteurs aient continué de jouer clandestinement, c'est ainsi que l'on pense que Kynaston a été formé.
C'est en 1662 que Charles II proclame l'autorisation aux femmes de jouer sur scène et l'interdiction aux hommes de jouerdes rôles de femmes. La raison reste encore aujourd'hui obscure. Kynaston s'est alors reconverti et est devenu l'un des acteurs les plus talentueux de sa génération.
Basileus.
12 novembre 2006
L'origine des noms des mois...
Je faisais une de mes errances quotidiennes sur la toile quand je suis tombée sur un site intéressant... Sur ce site sont traitées les questions qu'on s'est toujours posées sans jamais oser demander... Voici un exemple : l'origine des noms des mois...^^
1. septembre, octobre, novembre, décembre :
À la fondation de Rome, en 753 av. J.C., le calendrier ne comportait que 10 mois. Les 7e, 8e, 9e et 10e gardèrent leur nom initial selon leur ordre numérique. C'est-à-dire que, comme vous avez pu le constater, dans septembre on retrouve sept, octobre on retrouve "octo" pour huit et ainsi de suite.
2. mars, avril, mai, juin :
Dans ces 10 mois, le 1er était Martius, dédié à Mars, dieu de la guerre.
Le 2e était Aprilis, dédié à Aphrodite (Apru en étrusque).
Le 3e était Maius, dédié à Maia, déesse du printemps.
Le 4e était Junius, dédié à Junon, épouse de Jupiter.
3. janvier, février :
L'année en 10 mois ne comportant que 304 jours, il fut nécessaire d'ajouter deux mois (qui furent d'abord ajoutés après décembre).
Januarius était consacré à Janus, le plus ancien roi du Latium et dieu de la paix.
Tous les mois avaient un nombre impair de jours car le nombre pair était réputé fatal, néfaste. Mais pour des raisons mathématiques qui seraient trop longues à expliquer ici, il fallut ajouter un douzième mois avec un nombre pair de jours (28). Ce mois fut Februarius, consacré à Februus, dieu de la purification ("februare" signifie "purifier").
4. juillet :
L'ancien 5e mois Quintilis (devenu 7e mois) fut appelé Julius en l'honneur de Jules César qui réforma le calendrier dit "julien".
5. août :
La réforme julienne fut au départ mal appliquée par les pontifes. Une correction fut apportée après 36 ans, sous le règne d'Auguste. Et l'ancien mois Sextilis fut rebaptisé Augustus en son honneur.
Pour plus d'infos en tout genres, rendez-vous sur le site : Le saviez-vous ?
Basileus.










